Pétrole : il va falloir rouler mieux et moins !

petrole

40 ans que ça dure : les discours alarmistes sur la fin du pétrole n’effraient plus grand monde. « Quand il n’y en a plus, il y en a encore ». Pourtant, cette fois-ci, c’est la bonne : la production de pétrole conventionnel décline un peu partout dans le monde.

Les milliards investis dans l’exploration et l’exploitation des pétroles non conventionnels ne suffiront pas à enrayer le déclin inéluctable de la production de brut. Du coté des pays importateurs, il va falloir apprendre à faire mieux avec moins.

I. L’hybride et l’électrique ne sont pas à la hauteur des enjeux

Si les technologies hybrides rechargeables et électriques ont de solides atouts à faire valoir pour le futur, elles ne sont hélas pas en capacité d’apporter une réponse à la hauteur des enjeux face à l’hyper-dépendance au pétrole du transport à court et moyen terme.

En France par exemple, la part des véhicules hybrides et électriques constitue moins de 1 % du parc roulant. Même en prenant l’hypothèse d’une progression spectaculaire des ventes couplées à des restrictions d’usages des véhicules 100 % pétrole à l’intérieur des grandes villes, leur part restera inférieure à 10 % du parc roulant à l’horizon 2020. Pas assez pour peser significativement sur les consommations de pétrole des transports. Face à la contrainte, il va donc falloir apprendre à rouler mieux et moins.

II. L’amélioration des usages : un gisement important d’économie

Imaginer que dans les 10 ans à venir, le taux de remplissage moyen des voitures individuelles bondisse de 1,2 actuellement à 1,5. À volume constant de passager, cela représente une réduction de 20 % du pétrole consommé par les voitures !

Impossible ? En théorie non.

Grâce aux outils numériques, chaque citoyen a potentiellement entre ses mains, le pouvoir de changer le cours des choses. C’est déjà le cas aujourd’hui lorsqu’un conducteur propose des places dans sa voiture pour ne plus se déplacer seul au volant.

III. L’éco-conduite : un potentiel restant à exploiter

C’est un des paradoxes criants de notre époque : alors que beaucoup d’automobilistes se plaignent du prix élevé des carburants automobile, il n’a jamais été aussi simple de réaliser des économies au volant en adaptant sa conduite.

Si les voitures ont beaucoup grossi au cours des 20 dernières années, nombre d’entre elles offrent désormais de nombreux dispositifs pour réduire facilement la consommation de carburant : motorisation « high tech », indicateur de changement de vitesse, pneumatiques à faible résistance au roulement, limitateur/régulateur de vitesse, etc…

À condition de le vouloir vraiment, l’immense majorité des automobilistes pourrait économiser 1 L/100 km en moyenne uniquement en appliquant une règle de base de l’éco-conduite : l’anticipation.

Anticiper la route et le trafic afin d’éviter d’utiliser la pédale de frein à chaque fois que cela est possible. En gérant l’inertie du véhicule et en utilisant au maximum le frein moteur plutôt que la pédale de frein, pour maximiser la durée des phases de consommation nulle (coupure d’alimentation à la décélération). Tout cela bien entendu en bannissant autant que possible les courts trajets effectués moteur froid, trajets au cours desquels le rendement d’un moteur thermique quel qu’il soit est très mauvais.

IV. Réduire la vitesse

L’autre levier bien connu (et très impopulaire) pour réduire la consommation de pétrole d’une voiture, c’est de rouler moins vite. Y compris là où la vitesse maxi autorisée est aujourd’hui limitée à 90 km/h. Hélas, pour beaucoup d’automobilistes, ce genre de recommandations dépasse l’entendement au prétexte que cela conduit à perdre du temps sur la route. Ce qui, comme chacun sait, est absolument faux compte tenu des distances moyennes parcourues sur ce type de route quotidiennement par chaque automobiliste pris individuellement.

Considérant par exemple le cas des rocades urbaines et autres contournements routiers construits ces 40 dernières années pour améliorer la circulation de transit et éviter ainsi la traversée quotidienne des centre-villes par des centaines de milliers de voitures à pétrole. Ces infrastructures routières supportent bien souvent un niveau de trafic important. Une baisse de 10 km/h de la vitesse maxi autorisée sur ce type de route aurait pour effet de fluidifier le trafic tout en engendrant d’importantes économies d’énergie si elle était généralisée à l’échelle du pays.

À ce jour, l’immense majorité des rocades urbaines (Nantes, Lille, Bordeaux, Lyon, Toulouse…) sont limitées à 90 km/h. Sur certaines portions, il est même encore possible de rouler jusqu’à 110 km/h ! Une réalité d’un autre siècle qui illustre mieux que tout le refus de certains gestionnaires de voiries (suivez mon regard…) à intégrer à leur niveau les contraintes du monde qui est désormais le notre.

Qu’on le veuille ou non, au cours de la prochaine décennie, il va falloir rompre avec les vieilles habitudes du passé et accepter de changer de paradigme. L’avenir n’est plus au toujours plus vite, toujours loin. Il est au toujours mieux avec moins.

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47 commentaires pour ce billet
  1. Steph écrivait le 02/07/2014

    Il est bien malin celui qui pourra me predire exactement l’avenir : entre les incertitudes sur les ressources reelles du Petrole de Schiste americain, l’evolution de la consommation mondiale, l’evolution de la production, stabilite/instabilite en Irak-Libye-Iran, et quid des petrole de schiste de l’Oural.

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    • Murier écrivait le 02/07/2014

      En ce qui concerne le pic de Hubbert, on ne peut pas donner de date précise, mais on peut faire une approximation. Pour les pétroles conventionnels le déclin de la production est amorcée et pour les deux confondus (conventionnels et non conventionnels) le déclin est prévu vers 2020.

      Le mieux étant de lire le lien écrit par le Président de l’ASPO* France que j’ai mis un peu plus bas.

      * L’ASPO est l’association pour l’étude du pic pétrolier et gazier. C’est un réseau d’ingénieurs, de géologues, de scientifiques de disciplines diverses et d’économistes, qui cherchent à déterminer le moment où le pic de Hubbert va survenir, et ses conséquences sur l’économie.

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  2. Daminoo écrivait le 02/07/2014

    Tout à fait d’accord… sans oublier tous ceux qui ont la flemme d’éteindre leur moteur quand ils vont chercher leur baguette de pain ! Je le vois tous les jours. C’est effarent.
    Moi, j’ai misé depuis plus de 10 ans sur la réduction de ma vitesse. 90 au lieu de 110 et éco-conduite au maximum…et ça emmerde beaucoup de monde.
    Maintenant, je roule en ZOE et j’ai gardé ces nouvelles habitudes. Et je ne le regrette pas.

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  3. Olf écrivait le 02/07/2014

    Pourquoi prendre un horizon 2020 ?
    Il y aura toujours plein de pétrole dans 6 ans…

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    • Murier écrivait le 02/07/2014

      Vers 2020 la production mondiale de pétrole (conventionnels et non conventionnels) devrait commencer à baisser, ce qui entrainera une envolée des cours du brut.

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      • Olf écrivait le 03/07/2014

        ou pas…

        Les enjeux de l’électrique, c’est à beaucoup plus long terme.

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        • Murier écrivait le 04/07/2014

          Je n’ai rien compris à tes propos.

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  4. Paco écrivait le 02/07/2014

    L’Agence Internationale de l’énergie a parlé du pic; un article intéressant à lire :
    http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/06/11/petrole-hormis-les-non-conventionnels-americains-la-production-mondiale-a-baisse-en-2013/

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  5. Murier écrivait le 02/07/2014

    En ce qui concerne les réserves de pétrole, je vous invite tous à lire ce texte rédigé par Jean Laherrère*, Président ASPO France :

    http://aspofrance.viabloga.com/files/JL_Clarmix-Previsions1900-2100.pdf

    * Jean Laherrère est un ingénieur pétrolier et consultant. Ancien élève de l’École polytechnique, Jean Laherrère a travaillé pendant 37 ans pour Total. Ses travaux sur les sondages de réfraction sismique ont contribué à la découverte du plus grand champ pétrolifère d’Afrique.

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    • Olf écrivait le 03/07/2014

      Beaucoup d’extrapolation avec très peu d’explications (notamment sur les paramètres expliquant l’allure générale des courbes : peut être l’auteur aime simplement les gaussiennes ?)

      Et comme le dit lui même l’auteur, les données sources sont peu fiables et ambiguë.

      Et c’est d’autant plus impactant qu’une légère erreur de 10 ans sur ces courbes change complètement la donne pour les industriels et la population : 16 ans au lieu de 6, c’est quand même plus confortable pour transformer le marcher.

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      • Murier écrivait le 04/07/2014

        Excuse-moi, mais il me semble que les membres de l’ASPO sont très certainement plus qualifiés que toi pour aborder ce problème. ;-)

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  6. Murier écrivait le 02/07/2014

    En matière de transports, nous sommes entrés dans le siècle des 3 moins :
    – moins vite,
    – moins loin,
    – moins souvent.

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    • Olf écrivait le 03/07/2014

      bof

      Je préfère
      – mieux
      – plus intelligemment

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      • Murier écrivait le 04/07/2014

        Il y a les préférences de chacun, mais il faut rester réaliste.

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  7. nh2o2 écrivait le 02/07/2014

    Pour moi le plus important et ce qui va faire mal, c’est quand la demande ne pourra plus être satisfaite alors qu’il reste encore beaucoup de pétrole.

    Un peu comme une meute de chiens sur une seule gamelle.

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    • Murier écrivait le 02/07/2014

      Effectivement, le pic de Hubbert ce n’est pas la fin du pétrole, mais le déclin progressif de la production, à partir de là l’offre deviendra inférieure à la demande, sauf bien entendu si la plupart des habitants de la terre mettaient tout en œuvre pour réduire drastiquement leur consommation de pétrole, ce qui est loin d’être le cas, car il y a du pétrole dans quasiment tous les produits que nous consommons.

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  8. TONITO écrivait le 02/07/2014

    Bahhh, en 2020 les bagnoles électriques auront 1000 bornes d’autonomie avec une seul charge (mega rapide) ;-)
    http://forococheselectricos.com/2014/07/baterias-de-electrolitos-fundidos-hasta-50-veces.html

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    mario écrivait le 02/07/2014

    Ce n’est pas la première fois qu’on nous dit que « cette fois-ci, c’est la bonne » René Dumont 1974:
    http://www.ina.fr/video/CAF88000834
    La crise en Ukraine puis celle en Irak, ont a peine fait frémir le cours du pétrole.
    Et les recettes que vous préconisez sont celles qui l’étaient déjà lors du premier choc pétrolier en 1973 (en un an le prix du pétrole avait été multiplié par 4)
    Mais bon il est certain qu’il faudra aller chercher le pétrole de plus en plus profond et que les coûts vont augmenter, mais je pense que cela se fera graduellement, et que ce n’est pas ca qui fera changer les habitudes.

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    • Murier écrivait le 02/07/2014

      René Dumont était un agronome.

      Je t’invite à consulter le CV des membres de l’ASPO.

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  10. Belprius écrivait le 02/07/2014

    Oui bon la réduction de vitesse on a vu ce que ca donne, moins de voiture par bande et par heure, donc ce n’est pas vraiment la solution. Par contre appuyer à fond sur les gas de la mutation du parc automobile vers des véhicules électriques avec un petit prolongateur d’autonomie, ça c’est vraiment la voie royale pour sortir les transports du tout pétrole. Augmenter drastiquement la conduite électrique tout en permettant les longs trajets. Si en plus on met un biocarburant dans le réservoir du Rex plutôt que de l’essence, c’est tout de suite que l’on sort du pétrole. BMW avec l’i3 à vraiment fait un excellent précédent, il ne reste plus qu’a mettre le brouillons de l’i3 au propre sous la forme de la BMW i5. Dans le même temps Tesla et Nissan permettent à ceux qui veulent de faire sans Rex s’ils estiment que ça leur convient.
    Dans l’immédiat tout le monde peut aussi arrêter de tondre sa pelouse à la tondeuse à essence et la tondre avec une tondeuse électrique à fil ou à batterie ou alors remplir le réservoir à l’E85. Ca marche aussi, c’est engins sont incroyablement conciliants, ils fonctionnent même avec de la térébenthine (un extrait de résine de sapin).
    Bien sur il ne faut pas oublier les basiques. Remplacer une chaudière par une pompe à chaleur eau-eau, eau-sol ou eau-air. Dans le pire des cas remplacer la chaudière fossile par une chaudière a pellets. On peut aussi recourir au moins partiellement au chauffage solaire, sans oublier l’isolation dans une habitation basse énergie ou passive, voir a énergie positive. Rappelons si tant est nécessaire que remplacer une chaudière par une PAC est la meilleures façon de diminuer la consommation de pétrole.
    Un dernier accessoire indispensable, le récupérateur de douche. Récupérer la chaleur des eaux usées de votre douche en préchauffant l’eau de la douche en question. Les récupérateurs sont une de mes armes anti pétrole préférée car cela fonctionne toujours, soit sous forme d’unités toute faites http://www.meanderhr.com/about/, soit sous forme d’un simple tube d’évacuation en cuivre entourer d’une spirale de cuivre ou un tube PVC un rien plus large que tout le monde peut faire soit même dans son garage.
    Encore plus simple et bien oui, mettez les armoires contre les murs extérieurs plutôt que les murs intérieurs, ils augmenteront encore un peu l’isolation thermique de vos murs, surtout si le dos est vraiement bien contre la paroi. Une armoire de 50 cm, c’est l’équivalent de 2 cm de PU. Ca ne coute rien il suffit d’y penser.

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  11. lelclar écrivait le 03/07/2014

    Un article ironique et humoristique, mais coup de gueule: http://carfree.fr/index.php/2014/04/18/boycotter-lecologie-ennemi-numero-un-de-la-survie-de-notre-civilisation/
    Pour certains, je signale que c’est du 2ème degré, au cas où…

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    triphase écrivait le 03/07/2014

    D’après les études de fluidité du trafic (rien à voir avec le pétrole ou l’électricité, juste les automobiles, les réflexes, les distances de sécurité), le débit maximum d’une voie rapide (véhicules/heure) est obtenu avec une vitesse de 80km/h.

    Vitesse inférieure = moins de débit forcément
    Vitesse supérieure = moins de débit par l’augmentation (nécessaire) des distances de sécurité.

    Donc baisser de 90 ou 110 à 80 la Vmax sur les rocades urbaines permet d’en augmenter le débit admissible en mode fluide, donc d’éviter les bouchons aux heures de pointe, donc d’augmenter la vitesse moyenne des véhicules! Et bien sûr de faire baisser leur conso.

    Elle est pas belle la vie? :-)

    Mais comment expliquer cela au bourrin pressé qui pour « gagner du temps » accélère à fond pour aller le plus vite possible se planter dans le bouchon suivant à 1km et pester contre tous ces gens qui font pareil que lui et encombrent la route…

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    • Murier écrivait le 03/07/2014

      Le débit maximum dépend du type de voirie, mais il est généralement obtenu sur voie rapide et autoroute à la vitesse d’environ 60 km/h.
      Voici un lien (voir page 6) :
      https://www.mtq.gouv.qc.ca/portal/page/portal/Librairie/Publications/fr/ministere/recherche/etudes/rtq04-01.pdf
      Sur l’A48 (agglomération grenobloise) une étude a montré que le débit maximum était atteint à la vitesse de 58 km/h.

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        triphase écrivait le 03/07/2014

        Oupss! donc il est logique de limiter les voies rapides à 60km/h. Du moins aux heures de pointe. On va déjà un peu dans ce sens avec les limitations de vitesse variables sur certains axes, une idée à creuser. Sans doute plus courant en Allemagne (davantage de densité de trafic) qu’en France.

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        • Murier écrivait le 03/07/2014

          La régulation de vitesse est un système très efficace pour accroitre le débit maximal, à condition que les conducteurs respectent cette limitation.

          Dans l’agglomération grenobloise, sur la Rocade Sud, une expérience a été menée. Ce fut un échec, car lorsque l’on était proche de la saturation la vitesse était alors limitée à 70 km/h (au lieu de 90) mais une faible partie seulement des véhicules respectaient la limitation à 70 km/h sur la voie de droite et aucun véhicule sur la voie de gauche.
          Le problème tient à l’indiscipline des conducteurs et au manque d’attention (lecture des panneaux).
          De plus, il y a un radar fixe sur cette portion, mais il reste réglé en permanence sur 90 km/h.

          Sur l’autoroute Blanche, en période hivernale la vitesse est limitée à 110 km/h (au lieu de 130) pour lutter contre la pollution aux particules fines de la vallée de l’Arve. France 3 a fait un reportage à un péage pour demander l’avis des conducteurs sur cette mesure. La quasi-totalité n’avait même pas remarqué que la vitesse était limitée à 110 km/h. :-(

          La régulation de vitesse marche mieux dans les pays nordiques.

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      • Belprius écrivait le 03/07/2014

        A ce train là la vitesse optimale ce sera bientôt -2 km/h.
        Un peu de sérieux tout de même, quand une voiture va plus vite, elle met moins de temps pour passer sur un tronçon de route et donc plus de voiture savent l’emprunter en une heure. Pour ce qui est des distances entre véhicule, en pratique, hormis le cas de l’arrêt où c’est 1 m, la distance est toujours grosso modo de 50 m quelque soit la vitesse. Donc quand la vitesse passe de 60 à 90 km/h le débit est augmenter de 50% et quand on passe à 120 km/h, le débit est double. Tout le reste c’est du whishfull thinking et de la théorie qui ne correspond pas a la psyché du concret sur le terrain.

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        • Murier écrivait le 03/07/2014

          Les faits sont têtus.

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          triphase écrivait le 04/07/2014

          50m quelle que soit la vitesse? Vous êtes un conducteur dangereux! Rappel du code de la route (en France, mais est-ce différent en Belgique?): la distance minimum (mais vraiment mini) qu’il faut laisser par rapport au véhicule précédent est de 2 secondes, soit 50m à 90km/h, 73m à 130km/h.

          Lorsque les véhicules se suivent de près et accélèrent petit à petit en « se faisant confiance » comme dans le syndrome du brouillard, ça finit en général par un carambolage monstre avec des morts incarcérés.

          Et effectivement, les observations depuis des décennies prouvent que la grande vitesse n’est possible qu’en « heures creuse » avec peu de débit. Ainsi une régulation permet d’optimiser le débit en heure de pointe dans l’intérêt même des automobilistes tout en autorisant plus de vitesse quand la route est presque vide.

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    • Steph écrivait le 10/07/2014

      Votre raisonnement n’est pas correcte. En effet, pour une voie donnée, il y a une vitesse optimale qui permet de maximiser le débit. Donc si on a besoin exactement de ce débit, et uniquement dans ce cas, il est intéressant de limiter la vitesse à cette valeur optimale. Si le débit est supérieure, la limite est inutile puisqu’on ira moins vite. Mais surtout : si on a moins de débit, on peut aller plus vite, la limitation n’est absolument plus un argument pour fluidifier le trafic et en déduire des économies. La limitation des vitesses pour fluidifier le trafic, c’est un argument bidon, c’est juste pour mettre des radars et avoir plus de rentrée en PV.

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      • Murier écrivait le 10/07/2014

        Le but de ces régulations est, aux heures de pointe, d’essayer d’éviter la survenue des bouchons. Mais le plus souvent ça ne fonctionne pas car la plupart des conducteurs ne respectent pas les limitations de vitesse, surtout ceux qui roulent sur la file de gauche. Dommage.

        Sur le fond, avec ta ritournelle sur les radars et les PV, serais-tu un farouche opposant aux limitations de vitesse et aux radars et pour un retour à l’anarchie généralisée avec plus de 16 500 morts par an, comme en 1972 ?

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  13. Daniel écrivait le 03/07/2014

    Pas sûr !
    Rouler mieux, certes oui, mais aussi surtout grâce aux infrastructures.
    Les consos actuelles sont liées au trafic grandissant, mais surtout aux bouchons correspondants. Vous n’imaginez pas le carburant perdu en faisant ces yoyos. Et détrompez-vous, rouler à 30km/h consomme plus qu’à 50-60 km/h, question de rendement du moteur thermique avec ces boîtes hyper longues en haut, ou trop courte en bas. Dans les bouchons, même les rendements des VE sont moins performants (ZOE < 65% à 10km/h, < 50% à 5km/h). Après jouer sur l’inertie, la pédale de frein et l’anticipation à moins de 10km/h dans les bouchons, il faut pouvoir le faire.

    Quant-aux limitations 80-90-110km/h sur les périphériques, il y a débat !
    Théoriquement, en respectant un écart de 2s entre les VP, le débit horaire augmente à forte vitesse.
    Exemple : sur 12km à 110km/h on draine 1689 VP/h contre 1651 VP/h à 80km/h. Après niveau pollution, on rejette certes plus à 110 qu’à 80, mais plus brassé l’air. On devrait théoriquement fluidifier le trafic aux heures de pointes. Après, si au bout du périphérique, il y a bien-sûr un étranglement (voire un feu, si-si !), là, toute cette théorie tombe à l’eau car cela forme les bouchons qui eux, en remontant, font rouler à 30km/h sur les périphériques. Et là, c’est la catastrophe, on en revient à E. Lucet et ses NOx/m3. Tout ça pour dire que le débat reste ouvert sur la question vitesse !

    Rouler moins, là non, c’est mal barré !
    Du moins pas pour les extramuros, tant que l’offre et la disponibilité des TC en banlieue ne sera pas résolu. Et cela ne sera pas fait de sitôt, à la vue des vitesses d’étalements des villes. Nos villes deviendront des mégalopoles gigantesques, avec toujours un temps de retard pour ce qui est métro-tramways et autres, ce qui demandera aux extramuros un usage plus intensif de leur VP. Par-contre pour les intramuros, oui, eux ils n’utiliseront que les TC.

    L’auto-partage, covoiturage et autres systèmes communautaires peuvent en effet réduire un peu l’effet, mais cela ne sera pas généralisé, car cela entraine des contraintes horaires, manque de souplesse, etc.

    G. Porchet. ne dénigrez pas constamment notre monde actuel, en l’affublant à chaque fois d’appartenir à un autre siècle. Certes il n’est pas parfait, mais nous y sommes et c’est l’Homme dedans qui le fait tourner. Ne rêvez pas, une ville ne sera parfaite qu’au « jugement dernier » ou alors sans l’Homme. Vous verrez qu’en 2030 (au sens planétaire), il n’aura pas franchement changé, mais que sa technologie palliera à son manque de changement de paradigme !
    §

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    • Murier écrivait le 03/07/2014

      Daniel, en ce qui concerne les débits, il semblerait que que tu n’aies pas lu le lien que j’ai mis et mon commentaire.

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      • Daniel écrivait le 03/07/2014

        Murier,
        Bizarre, moi je trouve à 60km/h qu’un débit de 1607 VP/h !
        60 km/h sur 12km donnent 12 minutes la traversée.
        Distance de sécurité de 33.3 m pour 2s recommandées.
        Avec un VP de longueur moyenne de 4 m, je lui trouve une occupation de 37.33 m sur le périphérique.
        Sur 12km, il peut donc avoir au max 321 VP et donc 1607 VP/h. La même démarche à 110km/h donne 1689 VP/h.
        Où est l’erreur ?
        §

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        • Murier écrivait le 03/07/2014

          Pour ce qui est des distances de sécurité, tu as le code de la route et la réalité du terrain.
          Avec une vitesse de 60 km/h pratiquement aucun automobiliste ne respecte la distance théorique imposée par le code de la route, à savoir un espacement de 2 secondes, en France, comme au Canada.
          Avec un peu de temps, je pourrais te trouver de nombreuses autres études qui prouvent que le débit maximal est atteint pour une vitesse d’environ 60 km/h.

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        • Murier écrivait le 03/07/2014

          Sur Wikipédia aussi ils disent que la vitesse où le débit est maximal c’est 60 km/h :
          « La relation entre vitesse et débit :
          Il n’est possible d’établir une relation entre vitesse et débit qu’en situation stable. Cet état n’existe que sur voie express ou sur autoroute.

          Plusieurs études ont essayé de modéliser la relation entre ces deux données. Elles permettent de définir une fonction représentée par une ellipse. Si on place en abscisse le débit q et en ordonnée la vitesse praticable V, on constate ainsi qu’à un débit faible correspondent deux vitesses praticables très différentes : une élevée et l’autre faible. La concentration correspondante est alors inversement proportionnelle à la vitesse : plus la vitesse est élevée et plus la concentration est faible. La concentration au maximum de débit, proche de 2000 U.V.P. / heure est d’environ 30 véhicules par km et la vitesse moyenne de l’ordre de 60 km / h. »

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          • Daniel écrivait le 04/07/2014

            Voir plus loin.
            §

    • Daniel écrivait le 03/07/2014

      Oups, « l’air n’est pas le thé » !
      Désolé… « G. Porcher ».
      §

      Répondre
    • Guillaume PORCHER, l'auteur du billet, écrivait le 03/07/2014

      @ daniel : je ne dénigre pas. Je constate.
      Et comm le souligne très justement Murier, les faits sont tétus!
      Si la technologie seule était la solution face à la finitude du monde qui nous entoure, ca fait bien lgtps qu’on aurait résolu les défis qui se posent à nous, notamment en matière de mobilité!
      Non, définitivement, la solution est ailleurs, même pour le technofil que je suis!
      La vérité, c’est que le levier fiscal, comportement, et surtout, urbanistique (aménagement du territoire) sont des leviers bien plus puissants que la seule technologie.
      La techno, elle n’a jamais été aussi présente sous le capot de nos voitures! A t-elle permis de résoudre les pb de pollution et de coût qui continuent de hanter le quotidien des automobilistes et des urbains? Pas vraiment…
      Car la technologie seule a un défaut majeur : des effets induits qui depuis 30 ans passent leur temps à compenser les gains obtenus par les améliorations technos.

      Qu’on le veuille ou non, dans 10 ans, avec 40% de consommateurs réguliers en + sur la planète, les vieux pays riches vont devoir apprendre à faire mieux avec (bcp) moins. Share or die… :/

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      • lelclar écrivait le 03/07/2014

        Disons que la technologie, si elle est suffisamment intelligente, peut aider, mais ce ne sera pas suffisant. Notre comportement doit changer dans tous les domaines.

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      • Daniel écrivait le 04/07/2014

        Murier,
        Oui souvent, à cause du non respect des règles, nous avons des résultats autres que ce qu’il faudrait. Donc cette histoire de débit max, ne tient plus en fait de la physique cartésienne, mais bien du comportement humain. Ces 60km/h mesurés me semblent être bien faibles, mais sûrement dus aux réactions des conducteurs (conduite en yoyo). J’aimerai bien voir un jour, le « vrai débit » des voies périphériques (sans les anti-règles humaines), avec donc des véhicules autonomes, pour faire plaisir à Rickobotics.

        G. Porcher,
        La technologie a quand-même fait baisser les consommations des voitures presque de moitié, depuis les années 80. « L’électron-isation » des allumages et des injections, la science des matériaux et les multisoupapes variables ont permis un amélioration substantielle du moteur thermique. Certes, il reste encore du chemin, mais dans nos labos, nous avons encore de choses sous la main … Après, il y a l’hybridation plug-in, qui fera apparaitre un net progrès des consommations. Enfin, l’alcoolisation terminera l’épopée du moteur thermique dans sa définition actuelle.

        Pour les comportements, moi je vois que la technologie éduquera quand-même les utilisateurs. Bravo à Ségolène, la seule à respecter les vitesses et le code de la route au volant de son VE. Tous les autres ministres ont fait chauffer leur puissant moteur thermique (enquête Auto-Plus). Tous les « VEphiles, Priusman, Ampéraman », finissent par s’adapter à la technologie qu’ils utilisent. Cela devient même un « jeu » ! L’éducation viendra par la technologie !

        Bon match, et bon week-end à tous.
        A lundi pour moi.
        §

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        • Murier écrivait le 04/07/2014

          Avec uniquement des véhicules autonomes et communiquant on pourrait accroitre fortement les débits, car les distances de sécurité pourraient être fortement réduites, même à des vitesses assez élevées. Mais ce n’est pas pour demain.

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        • groumpf écrivait le 06/07/2014

          Est-ce que la baisse des consommations des voitures a provoqué la baisse de consommation pétrolière ? Non, car entre temps le nombre de voitures a augmenté. Voila le résultat. La technologie permet aux gens de ne rien changer à leur comportement. Ce sont les catastrophes qui changent les comportements, encore faut-il qu’elles touchent suffisamment de personnes de différents milieux.

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        • Daniel écrivait le 07/07/2014

          Murier,
          Pas pour demain, mais peut-être verra-t-on bientôt, des véhicules autonomes circuler sur ces voies en queue-leu-leu dès 2015, bien-sûr encadrées par des véhicules en-tête et queue de convoi exceptionnel, pour des validations en conditions réelles. L’Etat français vient juste d’autoriser ces essais.
          Voir : http://techno-car.fr/les-voitures-autonomes-autorisees-en-france-a-titre-experimental/

          Groumpf,
          Justement, comme nous seront plus sur cette terre, il va falloir partager, le pétrole qui reste aussi. Alors, le temps de passer à un autre carburant, il serait souhaitable que la technologie puisse permettre de faire rouler deux ou trois voitures avec la même quantité de pétrole. C’est le but.
          §

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  14. nh2o2 écrivait le 03/07/2014

    Un a déjà un exemple de société qui s’est adapté dans l’urgence face à une baisse drastique d’approvisionnement en pétrole.

    C’est CUBA dans les années 90 après effondrement du bloc soviétique.

    http://www.youtube.com/watch?v=KEF19NV_3SE

    en résumé :
    – Partage équitable
    – serrage de ceinture
    – Transpirer plus

    résultat
    – Manger mieux
    – Perte du surpoids
    – Cohésion renforcée

    Mais nous ne sommes pas CUBA

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    • lelclar écrivait le 03/07/2014

      Et pollution énorme de toutes ces antiquités qui roulent vaille que vaille… Mais ça, c’était déjà le cas avant la chute de l’URSS.

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  15. TROTTA Olivier écrivait le 04/07/2014

    Bonsoir à tous,
    bonsoir Guillaume…
    http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-decision-americaine-exportations-petrole-pourrait-changer-equilibre-energetique-mondial-florent-detroy-1642443.html
    ça se passe de commentaire… d’où, comme pour la Norvège, le giga projet Tesla aux USA qui va de pair avec le déploiement du gaz et pétrole de schiste… moins on co2nsommera de pétrole aux USA et plus on en vendra ailleurs pleins pots ! à suivre… = co2up double !

    « Exporter » le CO2 ça permet en plus pas mal de co2mpromissions avec sa co2mptabilité nationale… puisque bien hypocritement le CO2 reste l’affaire des autres… sauf qu’il est universel sans frontière et sans attache et qu’il nous unit tout ce jour dans une destinée co2mmune… une co2mmunauté de destins que bcp n’ont pas forcément choisi non plus… et notre immense responsabilité réside bien là…
    Tout ceci ça va être très intéressant à suivre pour le sommet du climat à Paris en 2015, de voir là aussi la position américaine…
    http://www.boursorama.com/actualites/libye-gouvernement-et-rebelles-annoncent-la-fin-de-la-crise-petroliere-a8544d27623f6e69f9e29278edbc707b
    mais ça s’adresse aussi à nous européens, français, etc… l’hypocrisie ne peut plus être de mise sur le sujet du climat.
    Pour Renault Nissan et PSA qui veulent produire toujours plus de véhicules thermiques de part le monde… c’est le piège de la mondialisation des échnages sans frontière et sans attache et donc parfaitement incontrôlable.

    http://www.ccfa.fr/Alleger-les-automobiles-grace-a-un

    Réduire le CO2, réduire la co2nsommation, etc… tout ceci = MOINS et mieux… dans le cadre de l’éco2nomie et de son cercle vertueux, antithèse du cercle vicieux à la Tesla qui est tout sauf universel, populaire, accessible et démocratique…

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  16. TROTTA Olivier écrivait le 15/07/2014

    Bonjour à tous,
    bonjour Guillaume,

    l’éco2nomie en direct live ! régime minceur à tous les étages…
    le poids étant le meilleur ami du CO2 émis !
    http://www.lefigaro.fr/societes/2014/07/14/20005-20140714ARTFIG00185-sous-la-pression-reglementaire-les-voitures-s-allegent-pour-diminuer-la-pollution.php

    la différence de poids en notre ZOE et la BMW I3 étant de 300 kilos, là aussi ça fait sacrément réfléchir…
    et enfin ce que je lis dans cet article écrit noir sur blanc c’est aussi que cela va être « PLUS CHER » de rouler plus éco2nomique ?! = LOW CO2ST PLUS CHER au détriment du LOW COST toujours MOINS CHER ?! quel débat passionnant…

    Bref le LOW CO2ST n’a d’intérêt que si les salaires grimpent, etc… que si la part du capital rémunéré diminue, etc… bref, si la répartition globale de la richesse produite redevient bien plus équitable… pour faire tourner le système, il faut des co2nsommateurs qui puissent avoir les moyens de… co2sommer ! et surtout maintenant eco2nsommer ! à suivre…

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