Analyses

Peut-on vraiment réduire nos émissions de CO2 de 20% d’ici 2020 ?

Emissions de co2 par l'automobile

Oublions un instant la crise financière qui monopolise la scène politique européenne pour revenir à un sujet sur lequel l’Europe tente d’affirmer son leadership depuis quelques années : la lutte contre le changement climatique.

Dans le secteur des transports, lorsque l’on parle de la réduction des émissions de CO2, le véhicule électrique est souvent cité comme porteur d’espoir, et pas seulement en France. Mais que peut-on attendre vraiment des VE pour réduire nos émissions de CO2 ?

Avant de tenter de répondre à cette question, rappelons quelques chiffres clés : En France, le secteur des transports représente 30% environ des émissions de CO2 du pays, soit 140 Mt environ sur un total de 465 Mt en 2005. C’est le premier secteur (*) émetteur devant le secteur résidentiel et tertiaire et le secteur industriel.

Voyons maintenant les économies potentielles de CO2 que l’on peut espérer grâce au déploiement massif de véhicules électriques à l’horizon 2020 : 2 Mt environ en se basant sur une hypothèse optimiste de 2 millions de VE en circulation à cet horizon. L’estimation est simple : à raison d’une consommation électrique de 1500 kWh environ par véhicule pour 10 000 km annuel en moyenne, les émissions de CO2 correspondantes atteignent une centaine de kilogrammes. Avec un véhicule thermique neuf acheté en 2020, le même kilométrage annuel engendrera un peu plus de 1 tonne de CO2, en conditions réelles d’usage (**).

Même en y ajoutant les économies obtenues grâce au renouvellement du parc roulant actuel par des véhicules moins consommateurs, on est encore loin d’atteindre les 40 Mt espérés ! Pour une raison simple : 2020, c’est demain (***). Surtout lorsque l’on considère le temps de mise en œuvre moyen des différentes mesures à mettre en place pour atteindre un tel objectif.

Pourtant le levier technologique est certainement celui qui permet d’agir le plus vite. Au moins comparé aux deux autres leviers que sont l’aménagement du territoire et les comportements. Ces trois leviers étant reliés entre eux par un 4ème : la fiscalité. Depuis 2008, l’évolution de la fiscalité automobile française a par exemple permis d’accélérer de manière considérable les ventes de véhicules faiblement émetteurs de CO2 au détriment des véhicules plus gourmands et donc plus émetteurs de CO2.

Reste quand même une inconnue et pas n’importe laquelle : quel sera le prix du pétrole et celui des alternatives disponibles en 2020 ? Une réponse à laquelle les spécialistes se risquent de moins en moins tant la prospective est devenue un exercice difficile dans le monde dans lequel nous vivons. Tous s’accordent néanmoins à dire que s’agissant du pétrole, son prix n’ira pas en diminuant. Il suffit d’ailleurs de regarder les investissements des grandes compagnies pétrolières actuelles pour s’en convaincre.

Une lueur d’espoir néanmoins : les progrès spectaculaires enregistrés par la filière solaire photovoltaïque ces dernières années. Imaginez un instant le jour où les gouvernements du monde entier accorderont les mêmes subventions – directes et indirectes – aux futurs géants de l’énergie solaire que celles accordées au secteur pétrolier et gazier depuis plus d’un demi-siècle. Le miracle « photovoltaïque » ne serait alors plus très loin de pouvoir répondre à lui seul (ou presque…) aux enjeux colossaux de l’énergie durable pour tous…

(*) Une singularité qui tient pour l’essentiel aux faibles émissions de CO2 de la production électrique nationale (…).
(**) sur la base d’une consommation moyenne réelle de 4L/100km environ.
(***) En 2011, l’âge moyen du parc automobile français était de 8,5 ans. En 2012, on peut donc pratiquement affirmer que près de la moitié du parc roulant de 2020 est déjà en circulation.

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27 commentaires pour ce billet
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  1. Avatar de Guillaume PORCHER
    Guillaume PORCHER, l'auteur du billet, écrivait le 21/02/2012

    N.B : s’agissant du transport de marchandises, qui représente à lui seul plus du tiers des émissions de CO2 du secteur, il est clair que l’avenir passe inévitablement par une relocalisation partielle des biens de consommations. A commencer bien sûr par les biens alimentaires!
    http://www.green-e-motion.fr/blog/urbanisme-durable/les-circuits-courts-alimentaires.html

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  2. Daniel écrivait le 21/02/2012

    Il y a une petite erreur sur le véhicule thermique :

    10000 km/an à 4L/100 font 400 litres de gazole / an.
    Il faut 4.6L/100 pour faire 120g CO²/km, ce qui ferait plutôt : 400/4.6*120*10000 = 104 tonnes de CO² annuel.
    §

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    • Avatar de Guillaume PORCHER
      Guillaume PORCHER, l'auteur du billet, écrivait le 21/02/2012

      non, non, il n’y a pas d’erreur.
      4,5L/100km de gazole donne en effet 120g. CO2/km ou 12 kg/100km ou encore 1200 kg pour 10000km.
      Le mieux est encore d’utiliser les ratio suivants pour les calculs d’émissions de CO2 :
      combustion complète de 1L d’essence ~ 2,4 kg de CO2
      combustion complète de 1L de gazole ~ 2,67 kg de CO2
      combustion complète de 1L de GPL vendu en station ~ 1,6 kg de CO2

      combustion complète de 1L d’huile de friture recyclée ~ 2,6 kg de CO2 dont 2,5 kg sont réabsorbés par la plante (Tournesol ou colza) durant sa croissance.
      Cc : vive le biodiesel fait maison! :o

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      • Avatar de Francky
        Francky écrivait le 23/02/2012

        Guillaume,
        Il y a quelque chose qui me chagrine dans les émissions de CO2:
        1 litre d’essence pèse environ 0.75kg de par sa densité.
        Comment alors en brulant 0.75kg d’essence on peut produire 2.4kg de CO2?

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        • Avatar de Guillaume PORCHER
          Guillaume PORCHER, l'auteur du billet, écrivait le 23/02/2012

          et bien ça nous renvoie aux cours « élèmentaires » de chimie organique :

          C = 12 g./mol
          O = 16 g./mol

          le C provient du carburant (essence), l’O du comburant (l’air).

          Dit autrement, sur les 44g d’une mole de CO2, 12/44ème (~ 27%) provienne de l’essence, les 32/44ème restant (73%) de l’air.

          CQFD ;)

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        • Avatar de Francky
          Francky écrivait le 23/02/2012

          Guillaume, oublie ma question, il suffisait que je recherche un peu pour trouver l’équation de combustion des hydrocarbures.

          Par contre il manque dans ta lise le carburant le moins émetteur de CO2, le méthane (ou GNV):
          Pour une puissance délivré équivalente de 0.578kWh/km voici les consommations et émissions de CO2 des différents types de carburants (source Wikipedia):

          GNV =>5,83 m³/100 km => CO2= 118g/km
          GPL => 6,45 l/100 km => CO2= 133g/km
          Gazole => 5 l/100 km (0,537 kWh/km) => CO2= 145g/km
          Essence=> 6 l/100 km => CO2= 153g/km

          C’est encore plus vrai lorsque du biométhane est injecté dans le réseau Gaz de ville.
          C’est le cas pour environ 20% en Allemagne => les 118gCO2/km chutent à 94.4gCO2/km (en CO2 fossile bien-sur, puisque la quantité totale de CO2 restant la même mais 20% est d’origine renouvelable).

          Francky.

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  3. Daniel écrivait le 21/02/2012

    Non erreur c’est bon, j’ai été un peu vite et oublié les 100km pour 4 litres.
    OK, autant pour moi.
    §

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  4. Daniel écrivait le 21/02/2012

    Je pense que l’on pourrait y arriver à condition de s’y mettre dare-dare.
    On aurait déjà dû avoir lancé des véhicules propres il y a deux ans.
    Si la production de véhicule propre commence aujourd’hui, disons avec 1 million de VE par an, tout en augmentant le parc de 7 millions d’ici à 2020, tous véhicules confondus mais avec d’ici-là une réduction de 1g CO²/an, on réduirait déjà nos rejets de 20%.

    Mais, c’est impossible vu comment on est parti et les retards qui s’accumulent !

    Donc, je reste plutôt pessimiste.
    §

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    • Marc Sérieyx écrivait le 21/02/2012

      Oui mais là ne risquerai t on pas de remplacer une pollution par une autre ?
      J’entends par là, la pollution liée à la production et au recyclage des batteries chimiques qui équipent la plupart des VE, ainsi que celle liée à la production importante d’énergie électrique pour ces VE.
      Si par véhicule propre vous entendez véhicules n’émettant pas de CO2 pendant sa conduite, je pense que c’est un peu restrictif, non ?

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    • Daniel écrivait le 22/02/2012

      Oui Marc, c’est un peu restrictif.
      Mais déjà si on réduit le CO² par km parcouru, c’est déjà beaucoup en moins. OK, pour produire tous ces biens de consommation, on pollue, mais c’est valable pour tout, y compris nos ordinateurs qui nous ont servi à en parler ! On ne pourra pas tout enlever, c’est utopique.

      En ce qui concerne les batteries, on fait déjà du recyclage pour celles au plomb. Cela sera plus intense avec le lithium qui a une valeur marchande plus élevée. Par-contre pour celles des VE, elles peuvent avoir aussi une seconde vie dans nos maisons pour stocker l’énergie diurne de nos panneaux solaires, même si elles ont un peu vieillies. Cette énergie récupérée le jour servirait d’aide la nuit pour recharger celles de nos véhicules. La demande EDF serait déjà moins critique.

      Et puis nos centrales nucléaires doivent tourner à fond la nuit pour rentabiliser au mieux nos déchets, tant que l’on n’aura pas trouvé une autre énergie de masse. Si pendant les creux nocturnes de nos 19 centrales actuelles, on peut espérer en monopoliser 10GW sur 9h, et en utilisant des chargeurs embarqués intelligents (s’adaptant aux infos de pics de consos envoyés sur les lignes par EDF), on pourrait lisser la puissance en trois vagues qui pourraient charger lentement 3×3 millions de EV et PHEV. Le besoin serait de 10kWh par véhicule qui ferait en moyenne 50km/J en pur électrique.
      Je ne vois pas d’impossibilité technique à le faire dès maintenant.
      §

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  5. Avatar de Guillaume PORCHER
    Guillaume PORCHER, l'auteur du billet, écrivait le 21/02/2012

    mon avis C que C quand même mal parti malgré la relative bonne volonté à se mettre à l’ouvrage de certains acteurs.
    Parce qu’en matière d’aménagement du territoire, l’étalement urbain continue de battre des records…
    Faudrait je pense agiter la menace d’un moratoire contre le grignotage des terres agricoles pour réveiller les millions d’endormi qui n’ont tjrs pas compris l’urgence à inverser la tendance en « changeant de modèle ».
    Il est vraiment urgent de passer à autre chose.

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  6. Belprius écrivait le 23/02/2012

    À propos du calcul, je me pose des questions sur les donnée de base à savoir 10000 Km/an et 4,5 l/100 Km. En Belgique c’est 15000 Km/an et un bon diesel à une consommation de vrai vie de 7 l/100 Km. Il y a peut être une différence en France mais là ça me paraît vraiment beaucoup.

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  7. Belprius écrivait le 23/02/2012

    Pour réduire les émissions de CO2 fossile, on peut implémenter les quelques idées suivantes :

    Interdiction de la publicité pour les combustibles fossiles.
    Taxe sur les chaudières à combustible fossile.
    Taxe sur les cheminées.
    Taxe sur le kérosène au même niveau que sur le diesel.
    Augmentation de la part des biocarburants.
    Obligation du système Flex-Fuel sur tous les nouveaux véhicules.
    Promotion des biocombustibles.
    Prolongation et augmentation des incitants sur les véhicules rechargeables.
    Promotion des pompes à chaleur.
    Gratuité des forages pour l’installation de sondes verticales pour PAC.
    Promotion du système de récupération de chaleur sur les eaux usées de douche.
    Taxe de 1 €/an par m² de toiture non couverte de panneaux photovoltaïques.
    Développement et promotion des énergies renouvelables.
    Révision de l’énergie nucléaire par sa réorientation progressive vers la fission du Thorium et la fusion de l’Hydrogène en remplacement de la fission de l’Uranium.
    Interdiction de l’obsolescence programmée.
    Activation de la taxe CO2.
    Primes à l’isolation.

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    • jumper écrivait le 01/03/2012

      propositions utopiques

      de telles lois doivent être proposées par des hommes politiques
      hors un homme politique veut se faire élire
      avec un tel programme il aura encore moins de voix qu’Eva Joly aux futures élections présidentielles.

      le français moyen (mais aussi l’européen moyen, le chinois, l’américain etc. ) ne veut pas se fatiguer la tête et il ne veut pas payer. Ils ne voteront (pour les pays où on peut voter bien sur) jamais pour un tel politicien dans la quasi totalité des pays

      Les mentalités ne bougeront que lorsque le gouffre sera sous leurs pieds

      le 1er gouffre à arriver (pardon en train d’arriver) sera ou plutôt est la flambée du cours du pétrole.

      le pic production pas chère / consommation est en train d’être passé, c’est à dire que le volume de pétrole pas cher en coût d’extraction est en train de passer sous le volume de pétrole demandé par nos voitures chauffage etc. => le prix du baril, dopé par la spéculation , va monter de plus en plus haut.

      je prends le pari du gas oil à 2 euros le litre TTC avant la fin 2013 sauf si l’état baisse la TIPP (avec un état français dont la dette approchera alors les 90% ?? j’ai des doutes qu’une telle baisse se produise)

      @ Belprius :
      1 : il manque une proposition => interdire les chaudière à fuel. Le gaz ou l’électrique ou les granulés de bois suffisent. Le pétrole sera trop rare dans le futur pour le gaspiller dès à présent dans du chauffage domestique.
      2 : passer au thorium et à l’hydrogène ? en 2500 si un jour on arrive à faire fonctionner une fusion froide hydrogène avec un rendement positif ???? Ce sera un peut tard non ?
      3 : le Brésil peut avoir des flex fuel. En France, le rendement est 3 fois inférieur pour cause de manque de soleil => flex fuel est totalement inutile et voire même producteur de plus de CO2 que le pétrole. Sans compter la compétition entre biocarburant et nourriture pour les humains
      4 : taxe sur les cheminées ??? parce que bruler du chêne en insert ou en poele quand il fait -5° à -10° et que la PAC a alors un COP de 1,2 c’est à dire un rendement nul c’est polluer et faire du CO2 ?

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      • Belprius écrivait le 01/03/2012

        Si les mesures n’étaient que des taxes et des interdictions, c’est sur que ce serait difficile de se faire élire. Encore que, des taxe et des interdictions sur ce qui est négatif est souvent vu comme plutôt positif (exemple : taxe sur le tabac, taxe sur l’alcool, interdiction publicité tabac, interdiction publicité alcools). Mais les mesures sont également des aides sur les véhicules rechargeables, sur les pompes à chaleur, sur les forages pour pompes à chaleur (justement pour garder un COP>4 par -10°C), sur la récupération de chaleur, sur les énergies renouvelables, sur les énergies exo fossiles et sur l’isolation.

        Pour les points plus spécifiques, comme le point 1, on pourrait interdire les chaudières au mazout mais je préfère en dissuader l’achat plutôt que de les interdire. Idem pour celle au gaz fossile.

        Pour le point 2, je pense que si on a pu faire un réacteur à Uranium en 6 mois, on peut arriver à en faire un au Thorium en 6 ans. La fusion chaude, après 60 ans, devrait déjà être là si le lobby fossile n’était pas aussi efficace. Il faut donc enfin se mettre au travail et l’avoir en opération dans les 20 ans.

        Pour le point 3, non je ne pense pas que les biocarburants émettent du CO2 fossile dès le moment ou les tracteurs utilisent eux-mêmes des biocombustibles ainsi que pour les impétrants. L’électricité de processus est obtenue par un générateur au biogaz complémenter par d’autres sources renouvelables. La biomasse de départ est migrée progressivement vers des déchets agricoles, des taillis, des algues et d’autres matières non alimentaires.

        Pour le point 4, la taxe cheminée serait modulée pour les feux ouverts au bois afin de tenir compte de l’absence de CO2 fossile mais non nulle car il reste d’autres émissions polluantes. Pour ce qui est de la PAC, lorsqu’elle est équipée d’un forage, elle garde un bon COP même par -10°C.
        En anecdote je voudrais rappeler le résultat étonnant d’un calcul simple qui indique qu’une combustion de bois directe dans une chaudière reste moins rentable qu’une PAC alimentée en électricité produite à partir d’une centrale électrique utilisant ce même bois pour la générer. La centrale à un rendement de 40% mais la PAC à un rendement de 400%. Le rendement global est donc de 160% comparer avec une combustion directe ayant un rendement de 100%. A ce résultat paradoxal s’ajoute l’absence d’encombrement sur les routes pour transporter le bois dans tous les foyers individuels et la possibilité d’épuration des gaz sur la centrale alors que c’est infaisable sur les émissions éparses de milliers de foyers.

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  8. Daniel écrivait le 01/03/2012

    Ne vous faites pas tant de torture à l’esprit sur le pétrole. En 2013, il pourra augmenter comme descendre. L’OPEP s’adaptera en fonction des demandes. Le coût du pétrole aujourd’hui, n’est pas autant lié au « peak-oil » que l’on veut bien nous le faire croire. Il n’est dû qu’à la spéculation et à la tension sur les marchés. N’oublions pas surtout que les coûts actuels du baril proviennent de vos achats de teeshirt et autres … Si la chine, ne vend plus rien en occident et aux USA, la demande mondiale s’effondre, et le coût du baril reviendrait vers les 60 à 80$. Donc, rien avoir avec la pénurie, du moins jusqu’en 2030 le vrai « peak-oil ».

    Arrêtez tous d’acheter « Out-of-West-Europe » et vous verrez la baisse spectaculaire ! Puis du pétrole relativement facile, il y en a encore jusqu’en 2050, on en a brûlé environ que la moitié depuis 140 ans. Après c’est vrai, jusqu’à la fin prévisible en 2080, il sera de plus en plus difficile à aller chercher et surtout à raffiner. Mais d’ici-là, on aura la fusion pour nos VEs !

    Actuellement on nous « embrume », avec le litre de super à 1.65€/L, car le baril de brut (le Brent) n’est qu’à 124$. Hors en juillet 2009, il était monté à 147€ pour un prix à la pompe de 1.50€. Le coût du baril et le raffinage ne représentent évidemment que 30 à 35% du prix à la pompe … en France ! En Malaisie, le litre d’essence vaut à la pompe 0.48€ TTC (au change). Que l’on m’explique une telle différence !

    Qui s’en met « plein les fouilles » aujourd’hui ?
    Réponse tout le monde, l’état le premier. OUI, nous pouvons réduire la TIPP et la TVA associée, si le gouvernement n’était pas si dépensier que ça ! N’oublions pas aussi que cela rendrait la France plus compétitive, pour ce qui reste de notre industrie, face à tous ces pays qui eux vendent leur produits avec une énergie trois fois moins chères que nous. On s’enfonce ici en Europe !

    Alors SVP, ne mélangeons pas les problèmes.
    Avec ce qui reste de pétrole, travaillons sur des carburants liquides de substitution. Et les FLEX-FUELS de synthèse, puis de 2ième génération, sont une bonne solution pour une transition raisonnée.
    Là est notre avenir !
    §

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    • Avatar de Guillaume PORCHER
      Guillaume PORCHER, l'auteur du billet, écrivait le 01/03/2012

      Attention quand même à ne pas faire l’apologie de l’énergie pas chère avec ce genre de raisonnement.
      Car énergie pas chère = gaspillage à outrance hélas. Ca n’est pas un hasard si le parc auto français est un des plus sobres au monde. Et pourtant y a encore de la marge pour réduire les gaspillages…
      Visons plutôt l’efficience pour le futur plutôt que la vente d’énergie à prix réduit sauf pour les générations futures qui devront payer les nbses externalités négatives de nos excès.
      Au passage, depuis le 1er janvier 2011, on ne dit plus TIPP mais TICPE, pour taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques. Une manière élégante de préparer le terrain pour la future « TIPP-électrique »…

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      • Belprius écrivait le 02/03/2012

        La création d’une TIPP électrique serait contraire au bon sens des lors ou ce que l’on reproche au pétrole ne s’applique pas à de l’électricité. Ce serait une taxation gratuite inintelligente, autant introduire une TIPP sur les semelles de chaussure ou sur les spaghettis.

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        • Avatar de Guillaume PORCHER
          Guillaume PORCHER, l'auteur du billet, écrivait le 02/03/2012

          une « TIPP électrique » n’aura en effet pas de sens pour l’électricité produite par des sources renouvelables voire nucléaire.
          En revanche, taxer à terme l’électricité qui servira à propulser nos autos semble inévitable à plusieurs titres :
          1. contribuer à équilibrer le budget de l’Etat déjà déficitaire de plusieurs Mds € depuis plus de 30 ans malgré les recettes confortables générées par la TIPP originelle…
          2. permettre l’entretien des milliers de km de voirie qui tapissent le France via une taxe dédiée proportionnelle aux nb de km parcourus par chacun. Ca me semble tout sauf une injustice. Je ne vois pas pq un retraité retranché en campagne et circulant le plus souvent à vélo devrait continuer à payer via l’impôt une contribution à l’entretien des infra routières égale à celle d’une famille parcourant 30 000 km /an?
          3. le jour où le coût d’acquisition d’un VE avec batterie sera identique à celui d’un véhicule thermique, il faudra hélas songer à une manière artificielle de gonfler le coût kilométrique d’un VE au risque de voire l’étalement urbain continuer à exploser. La situation est déjà assez dramatique à ce jour. Inutile d’en rajouter.
          Sinon, je suis d’accord, le terme TIPP n’aura plus de raison de d’être.

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          • Belprius écrivait le 02/03/2012

            Ce qui sert à l’entretient des routes ne représente qu’une infime partie de la taxation en plus la disponibilité de route n’est pas liée aux seules voitures mais sert aussi aux camions qui achemine tout ce que nous consommons (y compris le vélo que le retraité à acheté), aux passage rapide des ambulances (qu’un retraité à souvent besoin) et autres véhicule de secours comme les pompier pour éteindre le feu de la maison de retraite, la protection civile (pour secourir en cas de tempête) ou un transport exceptionnel pour acheminer une éolienne (pour donner de l’électricité verte à la maison de retraite). On voit donc que la route est un bien commun et qu’il est donc normal que sont entretient soit financer au niveau national par tout ses citoyens au même titre que les canaux, les aéroports ou les autres infrastructures et équipements publique qui caractérise un pays moderne.
            En fait même sans TIPP, la voiture contribue déjà par la TVA payée à l’achat et la TVA payée sur l’électricité consommée. C’est deux postent sont d’ailleurs, de fait, déjà proportionnels puisque le véhicule s’use plus vite d’une part et que le nombre de KWh/an suit lui aussi le nombre de kilomètres par an. S’ajoute encore la taxe de roulage et les payages d’autoroute et tunnels, c’est suffisant. Après tout, les déplacements doivent être facilités, pas réprimés, car c’est une liberté essentielle pour permettre la rencontre entre les gens et faire en sorte qu’ils se connaissent plutôt que de s’ignorer.

          • Avatar de Guillaume PORCHER
            Guillaume PORCHER, l'auteur du billet, écrivait le 02/03/2012

            certes. Mais il faut quand même que nos déplacements soient payés au juste prix de ce qu’ils coûtent vraiment à la collectivité ET à la planète. On ne peut pas sans cesse oublier volontairement une partie de la facture au prétexte qu’il y en aura d’autres à venir après nous pour payer les « manques »…
            Actuellement, les collectivités sont incapables de faire face aux montants des dépenses nécessaires pour renouveler – ne serait-ce qu’à l’identique – les grandes infrastructures routières et autres équipements connexes qui mériterait d’être restaurés au cours des 25 prochaines années. Un constat qui vaut aussi pour le parc de centrales électriques actuel au passage…
            Quant à la mobilité, qu’il faille la faciliter oui sans doute (?). Ce qui est certain en revanche, C qu’elle ne suffit pas à favoriser la vie en société et faire avancer le vivre ensemble. La preuve : la mobilité des biens et des personnes n’a jamais été aussi élevée et pourtant nous vivions dans une société de plus en plus individualiste. Et encore, à ce niveau-là, la France et plus généralement l’Europe n’a pas à rougir par rapport à bcp d’autres pays occidents…

  9. jumper écrivait le 01/03/2012

    la spéculation ne peut agir que sur des marchés en tension. Sinon elle n’est pas viable. Le marché du pétrole est sous tension car la production à 100% est à peine supérieure à la demande. Cette tension provient de deux facteurs :

    - volonté OPEP ou autres pays producteurs de limiter la production pour faire monter les prix ? à priori ce facteur est faible. De nombreux pays OPEP ou autres ont de gros besoins d’argent et ouvre les vannes en conséquences. Le volume de millions de baril / jour ainsi bridés semblerait assez faible. Il existe mais cela ne semble pas le facteur majeur de hausse des prix.

    - les puits de pétrole « bon marché » voient leurs volumes diminuer car nombre d’entre eux sont en phase de fin de vie. D’après de nombreuses observations, à moins qu’elles ne soient faussées habilement, nombre de puits das de nombreux pays débitent moins et la consommation mondiale est en forte hausse. On a donc une tension sur le ration offre / demande => le baril est instable, la spéculation peut se greffer dessus, les prix montent plus fortement que la simple tension offre / demande.

    il y a aussi la crainte de disposer en fait d’un stock de pétrole largement inférieur à ce qui est annoncé. Disons pour faire très simple que de nombreux pays OPEP et autres ont eu un gros intérêt à mentir sur les stocks réels et à les sur évaluer. Cette probabilité semble forte d’après de nombreux experts et de nombreux indices trop longs à exposer ici , et dans ce cas on sera très mal d’ici très peu de temps. Dans moins de 3 à 4 ans.

    La seule manière d’augmenter le débit => puits off shore profond (1500 m et plus ) , puits dans des zones très difficiles (arctique) ou remplacer le pétrole par du gaz (de schiste ) ou du pétrole issu de sable (Canada). Dans tous les cas c’est très cher, très lent à mettre en place (10 ans minimum) et en terme de volume c’est bien moindre que des puits en Arabie Saoudite

    de mémoire, un brail de pétrole issu de sable canadien a un coût de plusieurs dizaines de $ (et les prix d’extractions vont continuer à monter) contre moins de 10 pour un puits algérien ou arabe. Le off shore à 1500m et plus voit également les prix de production fortement augmenter surtout depuis la méga fuite BP aux USA (800 000 tonnes de brut dans le golfe mexique juste sur la louisiane ! )

    à terme, les coûts d’extraction vont donc fortement augmenter, la rareté du pétrole disponible face à la demande va augmenter, la spéculation se greffera dessus, les pays dont les économies sont déficitaires ne pourront se permettre de laisser filer autant d’argent et donc ils vont limiter l’import de pétrole via de fortes taxes (TPP ou TIPCE en France par exemple) et un jour dans le futur, on pourrait même avoir droit à des cartes de rationnement

    un baril à 300$ et plus n’est en aucun cas une hypothèse à exclure.

    @Daniel : on ne peut plus acheter de t shirt non chinois (entre autre produits manufacturés) . La plupart des producteurs sont morts face à la concurrence chinoise. Et les chinois doivent absolument employer leurs millions d’ouvriers sous peine de révolution => il leur faut du pétrole à tout prix

    je ne crois pas à l’hypothèse du taxe EV. Il faudrait des millions d’EV pour que cela soit nécessaire et encore. Par ex. la France

    Nos exportations ont légèrement progressé ces dernières années et la balance commerciale n’a jamais été autant déficitaire. Quand on creuse on voit différents facteurs. Parmi ceux ci la très forte hausse du coût des importations de pétrole et de gaz. Bon, il y a aussi le mauvais positionnement des entreprises françaises à l’export trop dans le milieu de gamme et donc en plein choc face aux émergents alors que l’Europe du Nord est plus en haut de gamme et donc moins en collision avec ces concurrents. Mais là on est hors sujet. Un des 2 facteurs majeurs est la hausse du prix du pétrole conjugué à la baisse de l’euro face au dollar US.

    donc taxer les EV alors qu’ils permettent de diminuer un des 2 graves problèmes de l’économie des pays occidentaux « sud » comme la France , l’italie etc. => ben je n’y crois pas avant de très nombreuses années et des EV par millions sur les routes. Pas avant.

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    • Daniel écrivait le 02/03/2012

      Oui Jumper, tout-à-fait d’accord.
      Une taxe sur le VE nuirait à son développement.
      De plus, comment la reporter ? Sur le kWh consommé ? Mais alors, comment fera-t-on la différence entre les kWh pour vivre et ceux absorbés par notre VE au garage ? Là sera le dilemme ! Et j’espère qu’ils ne vont pas nous la mettre (non péjoratif) pour toutes nos consommations, genre la définition très ambigüe de la TICPE. Par contre, il en faudra bien une pour compenser le manque à gagner !

      Et puis, que fait-on avec les camions, les pelleteuses, les bateaux, etc … ? En électrique ?
      Et c’est pour cela que je reviens vers mes carburants liquides (de synthèse ou bio). Là ils pourront toujours récupérer de la taxe, comme aujourd’hui. Cela me semble la solution la plus logique, si j’étais au gouvernement. On commencerait bien-sûr par ceux de synthèse, à partir du pétrole.

      La question est, quand serons-nous capable de produire ces carburants en quantité compatible avec le besoin de nos futurs véhicules « propres », en considérant d’ici-là, qu’une bonne part sera déjà de type Flex-fuel rechargeable pour en limiter l’impact sur nos surfaces en jachères disponibles (ou entre deux cultures).

      Le problème n’est pas simple, mais restons pragmatiques.
      Posons nous les bonnes questions sur le comment pourrait-on concilier tous ces impératifs, le plus rapidement possible. L’avenir de notre planète est en jeu !
      §

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  10. Belprius écrivait le 02/03/2012

    Ce qui est le plus préoccupant en matière de pétrole, ce n’est pas tant la pénurie, mais le manque de prise de conscience du grand public de l’existence d’un effet seuil en termes de réchauffement climatique. Au fond des océans, il existe ce que l’on appelle des hydrates de méthane, une association métastable entre des molécules d’eau et de méthane qui existe aux pressions régnants aux grandes profondeurs et en dessous d’une certaine température. C’est ce dernier paramètre qui est très inquiétant car dès que la température augmente au dessus d’un seuil critique, par exemple par l’effet des émissions de CO2, les hydrates de méthane se désagrègent. Il reste alors de l’eau et du méthane qui se dégage massivement sous forme gazeuse. Quand il arrive dans l’atmosphère, il produit un effet de serre beaucoup plus puissant que celui créer par le CO2 qui l’a initialement déclenché. Cet effet de réaction en chaine est à l’origine de la plus grande catastrophe d’extinction massive survenue il y a 252 millions d’année ou plus de 96% des espèces marines et 70% des espèces terrestres ont disparues. L’extinction massive du Permien-Trias. Sans prise de conscience de ce danger, nous nous exposons à une catastrophe. En d’autre terme nous devons cesser d’utiliser le pétrole, même si il en reste, de la même manière que nous avons cessé d’utiliser l’amiante bien avant l’épuisement des mines qui la produisait. Dans les deux cas l’arrêt est motivé par un danger à moyen terme plus grand que le bénéfice à court terme.

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    • Avatar de Guillaume PORCHER
      Guillaume PORCHER, l'auteur du billet, écrivait le 02/03/2012

      à titre personnel, j’ai toujours pensé que l’homme moderne sous-estimait largement les conséquences du CC. Et depuis plus de 15 ans, chaque année qui passe me donne raison hélas.
      Le plus grave dans cette affaire, c’est que le pire reste à venir!
      Si l’humanité avait réellement conscience des dangers encourus, on entenderait certainement moins parler de croissance à tout prix et d’export à l’international. Mais voilà, le capitalisme est ainsi fait qu’il continuera à favoriser les investissements très rentables à court terme au détriment de tout le reste ou presque…
      Un signal fort en matière de lutte contre le CC serait un moratoire mondial sur les centrales électriques au charbon. Mais avant de réussir à convaincre la Chine (et le monde occidental qui en dépend) de mettre un coup d’arrêt à sa croissance non durable, ça risque de prendre qlq décennies encore. Quant aux USA, autres grands consommateurs de charbon, je ne vois même pas comment on pourrait réussir à les convaincre de réduire leur appétit en kWh tellement la sobriété énergétique semble rayée de leur dictionnaire… :(

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    • Avatar de Francky
      Francky écrivait le 03/03/2012

      Effectivement Belprius, il faut aussi prendre en compte le méthane emprisonné dans les permafrost de russie, Groenland, et Alaska, qui est libéré dans l’atmosphère au fur et à mesure du dégel.
      Il y a également au fond de certains lac profond du méthane emprisonné de par la pression d’eau au dessus. Le réchauffement permettra à ce méthane de s’échapper dans l’atmosphère mais avec au passage l’asphyxie des populations peuplant les bord du lac.

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  11. jumper écrivait le 02/03/2012

    pd’accord et pas d’accord
    je fais très court

    1 : la majorité des indices sur cette période et sur une autre période laissent plutôt à penser que cette extinction est liée à une / plusieurs chutes de météorites >= 11 km soit plus grande que celle qui a éteint les dinosaures. L’hypothèse hydrates de méthane est plutôt invalide dans ce cas. Par exemple, un changement progressif de la température a fait qu’aux pôles à je ne sais plus quelle période, il y avait de la végétation (cela participe à invalider les hydrates de carbones comme cause de l’extinction Permien-Trias).

    2 : en revanche, une hausse rapide des températures à cause de CO2, hydrate de méthane et autres GES => une très forte hausse de température possible sur une durée de 10 à quelques dizaines d’années => un effondrement des rendements agricoles et donc une famine plus ou moins massivement meurtrière sur la planète et une extinction plus ou moins importante de la biodiversité pour des milliers d’années

    la dernière extinction massive (les dinosaures) a demandé quelques millions d’années pour retrouver une biodiversité équivalente à avant la chute de la météorite.

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