Analyses

Quelques lectures sous le signe du développement durable

Livre développement durable

Pour bien démarrer la rentrée, rien ne vaut quelques ouvrages dédiés au développement durable. Voici une sélection de livres que je vous conseille. Ils devraient vous faire cogiter un peu…

Nous vivons une époque à la fois exaltante et effrayante : exaltante par les incroyables progrès technologiques qui ont marqués le XXème Siècle et dont nous jouissons, mais effrayante par les conséquences de nos actes qui se profilent à l’horizon. Citons le sociologue Ulrich Beck* par le biais d’une des lectures que je vous propose : « le risque est produit par la société et non plus par une nature hostile et non domestiquée par l’homme ».

Cet extrait est tiré de l’ouvrage « Développement Durable » aux éditions Nathan et co-écrit par Emmanuel Arnaud, Arnaud Berger et Christian de Perthuis. En effet, contrairement aux démarches classiques des lectures de l’été, je vous propose trois guides qui vous permettront (et m’ont permis…) d’aller plus loin dans la compréhension des phénomènes induits par notre emprise sur le monde, mais surtout sur les solutions et les perspectives d’avenir qui s’offrent à nous. Car nous nous situons bien au-delà du dogme et du catastrophisme !

Un autre ouvrage, que je citerai de façon à encore renforcer la démarche d’Automobile Propre, « Le changement climatique » aux éditions Larousse et signé Yves Sciama. Si vous vous rendez page 70, ô divine surprise, on retrouve un chapitre consacré aux transports, dans la section « qui provoque l’effet de serre ? ». Et là, il faut avoir le cœur bien accroché car les chiffres proposés sont tout simplement sidérants. En effet, de façon à opérer une comparaison, l’auteur nous propose un objectif de droit à polluer de 500kg d’équivalent carbone par personne, et ce pour les 6 milliards d’habitants que comporte notre Planète.

Et là, je le répète, les chiffres sont tout simplement édifiants :

  • 60g d’équivalent carbone seraient émis par chaque voiture au kilomètre, sur route. (100g en ville)
  • Ce ne sont donc pas moins de 1,5 tonne d’équivalent carbone émises pour un kilométrage annuel de 15 000 km…(uniquement pour les autos…et à comparer aux 500kg présentés ci-dessus).

Enfin, un dernier ouvrage, « les dérèglements de la planète » par Caroline Toutain, aux éditions Milan, nous offre une énième confirmation de ce que l’on savait déjà : le transport routier classique pollue plus que de raison. Démonstration avec des chiffres tout aussi hallucinants que les précédents :

  • 26% d’augmentation des émissions de CO2 en Europe entre 1990 et 2004
  • 24 % des émissions de CO2, uniquement attribués aux moyens de transport routiers, en France et en 2005

Je m’arrête là et vous conseille vivement de lire ces ouvrages, fort instructifs ! Par ailleurs, je dois avouer que ma vision de l’automobile a profondément changé dans le contexte actuel. Espérons que les efforts conjoints des industriels, des politiques et de nous, citoyens feront de l’auto un mode de transport d’avenir et non pas d’un passé lourd d’implications. Comme dirait le Monsieur de chez Peugeot, « pour que l’automobile soit toujours un plaisir » !

*Ulrich Beck est l’auteur de « la société du risque », aux éditions Flammarion.

Avatar of Raoul Turmond Billet rédigé par
15 commentaires pour ce billet
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  1. Avatar of Yoann NUSSBAUMER
    Yoann NUSSBAUMER écrivait le 28/08/2011

    Merci pour l’article. Dommage qu’aucun de ces ouvrages ne soient disponible sur le Kindle, dont je ne me sépare plus et qui évite d’imprimer sur du papier.

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  2. Avatar of JP Darwin
    JP Darwin écrivait le 29/08/2011

    L’elevage industriel pollue plus que l’automobile. Si nous devenions tous vegetarien, cela beneficierait plus a l’environnement qui si nous nous mettions tous au velo.
    Cela aussi est a mediter.

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    • Raoul Turmond écrivait le 30/08/2011

      Bien entendu, il existe une grande diversité de postes de gains ! Mais doit on faire des comparaisons ? D’une part ce blog s’intitule Automobile Propre et non pas Agriculture Propre et d’autre part, je pense que d’opposer deux problèmes ne fait pas avancer les choses.
      J’ai simplement essayer de transcrire (à mon niveau) quelques chiffres qui restent, malgré tout édifiants !
      Imaginons que tout le monde roule à vélo et mange végétarien ! (Serait il plus simple de se passer de viande ou de rouler à vélo ?)
      Mais il ne s’agit pas de trouver des solutions extrêmes mais adaptées.
      Pour finir et pour encore une fois appuyer la démarche d’AP, je citerai un extrait de l’excellent livre de Stephen H Schneider (Prix nobel de la paix 2007 et climatologue de renom) « Défendre le climat, un sport de combat » (disponible chez National Geographic pour la modique somme de 19,90 euros) : « Si le public comprenait , ne serait ce que dans les grandes lignes, les véritables risques pour lui et la nature, ses enfants et la planète, il hésiterait moins à envoyer des signaux forts aux élus pour leur demander de prendre des mesures préventives ».
      Pour ma part, et cela n’engage que moi, je fais confiance aux scientifiques qui ont obtenu des Nobel…

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      • Avatar of JP Darwin
        JP Darwin écrivait le 30/08/2011

        Je ne critique pas l’article, loin de la. Et evidemment c’est un blog automobile. L’elevage industriel (et la souffrance animale qui va avec) est simplement mon autre passion, et je n’ai pas pu m’empecher de faire un lien.

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  3. Daniel écrivait le 30/08/2011

    En France, je dirai même que l’essentiel de la pollution globale est en ville et la proche banlieue.
    Les rejets en CO² sont plus élevés que ce qui est donné, du moins pour des VTh en France.
    160g/km en ville (7L/100) en en moyenne de la flotte essence (30% du marché)
    130g/km en ville (5L/100) en moyenne de la flotte diesel (70% du marché)

    Par contre utiliser tous des vélos, là maintenant, attention de ne pas revenir sur des notions « Malthusiennes » qui risqueraient de relancer les débats sur AP !

    Le transport thermique restera malheureusement « encore un moyen clé » de nos économies.
    Il faut pourvoir se déplacer librement, sans contrainte, là tout de suite sans préparation du voyage, et en transportant des charges lourdes. Le transport électrique n’est pas encore prêt pour cela !
    On le voit avec le fret qui n’arrive pas à percer, toujours à cause de cette notion de liberté.

    Pour moi, il faut trouver un carburant « liquide solaire » pour remplacer notre source fossile.
    Il est là l’enjeu de notre avenir.
    §

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    • Ymnikmonzone écrivait le 31/08/2011

      « Le transport thermique restera malheureusement « encore un moyen clé » de nos économies.
      Il faut pourvoir se déplacer librement, sans contrainte, là tout de suite sans préparation du voyage, et en transportant des charges lourdes. Le transport électrique n’est pas encore prêt pour cela ! »

      Quelques raccourcis un peu rapide ici..

      Beaucoup de français pourraient tout à fait se permettre de se déplacer plus régulièrement en vélo (avec les infrastructures adéquates qui aideraient) ou autres.
      Le nombre de véhicule servant à déplacer quotidiennement une seule personne reste malheureusement une vraie réalité et reste un gros gaspillage. Alors oui pour changer les choses il faut le vouloir et pas rester sur l’éternel constat que ce qui est le plus simple en apparence est la bonne solution pour tout le monde..

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      • Raoul Turmond écrivait le 03/09/2011

        Je suis d’accord avec vous, d’ailleurs, le gâchis de la conduite seule pourrait constituer le sujet d’un article…
        Lorsque l’on voit qu’un homme, ou qu’une femme dans un véhicule pesant 1 tonne 5 (par exemple), constitue une masse négligeable, on se dit que tout ne tourne pas rond…
        Il s’agit donc de changer les habitudes et d’effectivement, ne pas se figer devant la difficulté !

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  4. Daniel écrivait le 31/08/2011

    Je vous comprends, mais il ne faut pas mélanger les choses.
    Une personne seule pour aller au travail à moins de 5 à 10km c’est encore faisable, mais un vélo qui transporterait des centaines de cagots de tomates à livrer à la superette, ou des frigos à livrer à un dépôt-vente, ou bien même un container de 20 tonnes rempli de smart-phones, là je crois que nous parlons pas de la même « optique » sur les transports. Aller au travail en voiture pollue disons pendant 2x1h au max (2x25km par jour en moyenne en ville). Mais les autres transports, c’est toute la journée, voir la nuit ou au petit matin. Le problème n’est donc pas trop celui du travail, mais bien ceux des transports de marchandises, et là les VEs auront énormément d’électrons à faire circuler !

    Ce que je voulais dire, est que pour vivre à notre époque, avec un travail souvent loin de notre habitation, des métiers qui n’ont plus rien avoir avec l’époque des « corons » qui allaient et venaient à pieds ou en vélos cadencés aux sons des sirènes, mais aussi avec la fermeture généralisée des petits magasins et épiceries du coin au profit de grands centres commerciaux à la périphérie des villes, et surtout avec cette mondialisation et tous ces transports de million de marchandises qui vont et viennent de partout, comment faire pour les transporter ? En vélo ?
    Il est là le problème !
    §

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    • Ymnikmonozone écrivait le 01/09/2011

      Sur ces sujets là effectivement. Il n’existe pas de solution miracle mais une multitudes de solutions. Et ce n’est pas parce qu’il existe des besoins pour transporter de la marchandise que la réponse trouvée est adéquate au transport des personnes, surtout quand la moitié des salariés français sont à moins de 8 km de leur lieu de travail. Il n’ s’agit pas de revenir à l’âge de pierre mais bien de mettre en place des infrastructures pour répondre à des problématiques diverses.
      Pour le transport des marchandises dans les villes là aussi il y a beaucoup à faire, centraliser au sein des villes un lieu de Fret et ensuite faire du dispatch avec des véhicules moins importants par exemple. J’ai vécu de nombreuses années à Nice près de la gare St Roch qui est pleinement équipée pour faire ce genre de choses. Les marchandises arrivant par train pourraient être ensuite distribuée en interne à la ville avec des moyens plus adaptés que des 35 tonnes qui tournent parfois avec des remorques presque vides.
      Le modèle actuel n’est simplement pas satisfaisant et demande une vraie volonté de changement.

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    • Raoul Turmond écrivait le 03/09/2011

      C’est commandé !

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  5. Marc-André KOEHNLEIN écrivait le 02/09/2011

    Effectivement, tout est question de volonté de changement… à mon échelle, ça fait déjà de nombreuses années que je me déplace en vélo pour aller au travail. Cependant, je ressens toujours cette « pulsion » de prendre ma voiture, alors que c’est tellement plus simple et parfois même plus rapide en vélo… le bon sens n’est pas automatique. Alors comment le provoquer ?

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    • Raoul Turmond écrivait le 03/09/2011

      Excellente remarque, le problème est il d’ordre purement énergétique ou social et psychologique (pour parler rapidement) ?

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    • Avatar of Charles
      Charles écrivait le 04/09/2011

      Marc-André, il est probable que ton réflexe soit lié au besoin de fournir un effort physique important en vélo alors qu’il est très faible en voiture.
      Des années et des années de travail pour que l’homme se libère de l’effort physique inutile sont difficiles à oublier.
      Après ce n’est que question de philosophie de savoir si tel effort physique est inutile ou utile : si tu as un travail physique, tu auras plutôt tendance à venir travailler en voiture pour économiser tes forces.
      En revanche, si tu as un travail intellectuel devant un ordinateur, l’effort fait sur ton vélo sera considéré comme utile, car c’est l’occasion de faire du sport en quelque sorte.

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